Dans les vestiaires, on entend parler de tout : brûle-graisses, boosters, mélanges aux noms futuristes. La recherche, elle, retient peu de produits utiles à un footballeur. Trois sortent du lot par le nombre et la solidité des études : la créatine, la caféine et les protéines en poudre. Pour un tour d’horizon complet, classé par objectif, ce guide des compléments alimentaires fait le tri entre ce qui marche et ce qui relève du marketing. Il est signé Charly Aourir, auteur de Méconnaissable en 60 jours (Marabout, groupe Hachette Livre), coach sportif et certifié en nutrition.

La créatine : à quoi sert-elle ?
C’est le complément le plus étudié en sport. Elle recharge plus vite les réserves d’énergie utilisées pendant les efforts courts et intenses : séries de musculation, sprints, changements de direction. En football, en rugby ou en basket, où les sprints se répètent tout au long du match, elle aide à garder de la puissance plus longtemps. À l’entraînement, cela se traduit par un peu plus de force et de répétitions, donc plus de travail accumulé au fil des semaines.
Quelle dose et quand la prendre ?
La position officielle de l’International Society of Sports Nutrition (ISSN, 2017) retient la créatine monohydrate, la forme la mieux étudiée. Une dose de 3 à 5 g par jour suffit. La phase de charge n’est pas obligatoire : sans elle, les réserves se remplissent simplement plus lentement, en trois à quatre semaines.
Le moment de la prise compte peu. Ce qui compte, c’est de la prendre tous les jours, y compris les jours de repos, par exemple avec un repas ou dans un shaker après la séance.
La créatine est-elle dangereuse ?
Chez une personne en bonne santé, l’ISSN la considère comme sûre et bien tolérée aux doses habituelles, y compris sur plusieurs années. La prise de poids des premières semaines vient surtout de l’eau stockée dans le muscle, pas du gras.
Un point à connaître avant une prise de sang : la créatine peut faire monter légèrement la créatinine, un marqueur utilisé pour surveiller les reins, sans que les reins soient atteints. Prévenez votre médecin que vous en prenez. En cas de maladie rénale, parlez-en avec lui avant de commencer.
La caféine
Prise avant l’effort, elle réduit la sensation de fatigue et améliore la performance, en endurance comme sur les sprints et les sauts. Pour un match, on la prend en général environ une heure avant le coup d’envoi. Selon la position de l’ISSN (2021), la dose efficace se situe entre 3 et 6 mg par kilo de poids de corps. Au-delà, les effets indésirables augmentent sans gain supplémentaire.
La tolérance varie beaucoup d’une personne à l’autre. Commencez bas, évitez-la en fin de journée si votre sommeil en pâtit, et gardez en tête qu’un ou deux cafés font souvent le même travail qu’un booster. On la trouve aussi dans le thé, le maté ou certaines boissons énergisantes, avec des doses souvent moins précises qu’en gélule.
Les protéines en poudre
Ce sont des protéines alimentaires, séchées et pratiques. Elles aident à atteindre ses apports quand l’alimentation ne suffit pas, ce qui arrive vite quand on s’entraîne en force. L’ISSN recommande 1,4 à 2 g de protéines par kilo et par jour pour la plupart des sportifs, réparties en prises de 20 à 40 g dans la journée. Après un match ou une grosse séance, une de ces prises soutient la reconstruction du muscle, que ce soit avec un shaker ou un vrai repas.
La whey isolate convient à la plupart des gens, y compris ceux qui digèrent mal le lactose. Les protéines végétales (pois, riz, soja) sont une bonne alternative, de préférence en mélange.
Ce qui sert moins qu’on le croit
Les BCAA ont peu d’intérêt quand les apports en protéines sont déjà couverts, puisqu’une protéine complète les contient. Les brûle-graisses n’ont pas d’effet notable sur la perte de gras en dehors de leur caféine. Quant aux mélanges « pré-workout », leur effet tient souvent à cette même caféine, vendue plus cher.
Avant d’acheter
Un complément arrive après le sommeil, l’alimentation et la régularité de l’entraînement : aucun ne remplace une bonne semaine de récupération entre deux matchs. Si ces bases tiennent, la créatine et une protéine en poudre de qualité couvrent l’essentiel. Choisissez des produits traçables, avec des analyses publiées, et demandez conseil à un médecin en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie rénale.