VMA vs VO2 max : quelle différence et quoi travailler en priorité ?

VMA, VO2 max… Les deux termes reviennent constamment dans les discussions entre éducateurs, souvent utilisés l’un pour l’autre comme s’ils désignaient la même chose. C’est une confusion très répandue, y compris chez des coaches expérimentés, et elle entraîne des erreurs concrètes dans la programmation des séances. Pourtant, ce sont deux notions bien distinctes qui ne se travaillent pas de la même façon et qui n’ont pas le même impact sur la performance de tes joueurs. Avant de construire ta prochaine préparation physique, il est utile de savoir exactement de quoi on parle, et surtout sur laquelle des deux tu as réellement intérêt à concentrer ton énergie.

VMA vs VO2 max

Le VO2 max : c’est quoi vraiment ?

Le VO2 max, c’est la quantité maximale d’oxygène que ton organisme est capable d’utiliser par minute lors d’un effort intense. On l’exprime en millilitres d’oxygène par minute et par kilogramme de poids corporel (mL/min/kg). Plus ce chiffre est élevé, plus ton moteur cardio-respiratoire est puissant.

Pour te donner des repères concrets : un footballeur amateur tourne généralement entre 45 et 55 mL/min/kg. Un bon niveau régional ou national amateur se situe plutôt entre 55 et 62. Les professionnels affichent couramment des valeurs entre 60 et 70 mL/min/kg.

Ce qu’on te dit rarement en revanche, c’est que le VO2 max est en grande partie génétique. Tu peux l’améliorer avec l’entraînement, mais tu travailles dans un couloir dont les limites sont fixées à ta naissance. Deux joueurs qui s’entraînent exactement pareil pendant six mois n’arriveront pas au même résultat. C’est parfois frustrant à entendre, mais c’est la réalité physiologique, et ça change pas mal de choses sur la façon dont tu dois construire ton entraînement.

La VMA : c’est quoi vraiment ?

La VMA, Vitesse Maximale Aérobie, c’est la vitesse de course à laquelle ton organisme atteint sa consommation maximale d’oxygène. Autrement dit, c’est la vitesse à partir de laquelle ton moteur tourne à plein régime.

Et c’est là que beaucoup d’éducateurs font la confusion. Le VO2 max est une capacité physiologique, la VMA est une vitesse. Ce n’est pas la même chose, même si les deux sont liés.

Un exemple pour que ce soit parlant : deux joueurs peuvent avoir exactement le même VO2 max et des VMA différentes. Pourquoi ? Parce que la VMA dépend aussi de l’économie de course, c’est-à-dire de la façon dont le joueur utilise son oxygène quand il court. Un joueur techniquement plus efficace dans sa foulée va atteindre son VO2 max à une vitesse plus élevée qu’un joueur moins économe, même à capacité respiratoire égale.

En pratique, un footballeur amateur se situe généralement entre 14 et 17 km/h de VMA. Un bon niveau régional dépasse souvent les 17 km/h. C’est d’ailleurs ce que mesurent les tests que tu connais probablement déjà, le Vameval ou le 30-15 IFT, ils ne mesurent pas ton VO2 max directement, ils estiment ta VMA.

Et c’est précisément pour ça que la VMA est bien plus utile sur le terrain : tu peux la mesurer simplement, sans laboratoire, avec juste un terrain et des plots.

VO2 max et VMA : quelle relation entre les deux ?

Une image pour que ce soit clair une bonne fois pour toutes : le VO2 max c’est la cylindrée de ton moteur, la VMA c’est la vitesse que tu arrives à atteindre avec ce moteur. On peut avoir une grosse cylindrée mal exploitée, et inversement un petit moteur très efficace qui surprend tout le monde.

Ce qui relie les deux, c’est l’économie de course. Un joueur qui court de façon fluide, avec une bonne technique de foulée, va extraire davantage de sa capacité respiratoire qu’un joueur qui « surconsomme » de l’oxygène à chaque appui. C’est pour ça que deux joueurs avec le même VO2 max n’auront pas forcément la même VMA, et que deux joueurs avec la même VMA peuvent avoir des VO2 max très différents.

La relation entre les deux n’est donc pas une équation simple. Ce sont deux indicateurs complémentaires qui mesurent des choses différentes, et les confondre amène souvent des erreurs de programmation dans l’entraînement. On voit encore trop d’éducateurs qui pensent « travailler le VO2 max » alors qu’ils travaillent en réalité leur VMA, et vice versa.

Maintenant que les deux notions sont claires, la vraie question c’est : sur laquelle tu dois concentrer ton énergie quand tu prépares ton équipe ?

Pourquoi cette distinction change tout pour ton entraînement ?

Le VO2 max, on l’a dit, est en grande partie génétique. Il progresse avec l’entraînement, mais cette progression plafonne assez vite, généralement après quelques semaines de travail bien construit. Au-delà, tu travailles dans les marges. Et surtout, tu ne peux pas le mesurer simplement sur un terrain de football amateur sans matériel spécialisé.

La VMA, elle, est bien plus entraînable. C’est là que ta marge de progression est réelle, mesurable et directement observable sur le terrain. Un joueur qui travaille sérieusement son intermittent pendant deux mois va gagner des dixièmes de km/h de VMA, ce qui se traduit concrètement par une meilleure capacité à répéter les efforts intenses sur 90 minutes.

Et c’est exactement ce dont un footballeur a besoin. Un match de football amateur, c’est entre 8 et 12 km parcourus avec des changements d’intensité permanents, des sprints, des récupérations, des relances. Ce n’est pas un effort continu à intensité stable où un VO2 max très élevé ferait toute la différence.

En football amateur, cibler la VMA à l’entraînement est donc bien plus pertinent que de se focaliser sur le VO2 max. Non pas parce que le VO2 max ne compte pas, mais parce que c’est sur la VMA que tu as réellement la main.

Comment travailler la VMA concrètement ?

La bonne nouvelle, c’est que tu n’as pas besoin de matériel sophistiqué ni de conditions particulières pour travailler ta VMA. Les formes de travail sont simples à mettre en place, même avec un groupe hétérogène.

La méthode la plus efficace et la plus utilisée au football, c’est le travail intermittent. Le principe est simple : alterner des phases d’effort à haute intensité et des phases de récupération. Le 15/15 (15 secondes d’effort, 15 secondes de récupération) et le 30/30 sont les formats les plus courants. L’intensité cible se situe entre 100 et 110% de la VMA du joueur, c’est à cette intensité que le travail est réellement efficace.

Le travail en côte est également très intéressant pour développer la VMA, avec l’avantage de solliciter davantage la filière musculaire et de limiter les impacts articulaires par rapport à la piste plate. Une côte de 5 à 8% d’inclinaison sur 80 à 150 mètres est idéale.

Enfin, le fartlek reste une option accessible pour les séances avec ballon ou pour varier les stimuli. Tu alternes les allures de façon moins rigide que l’intermittent classique, ce qui peut être utile en début de préparation physique ou avec des groupes peu habitués au travail intensif.

Le point commun de toutes ces méthodes : elles ne fonctionnent que si l’intensité est réellement au rendez-vous. Un intermittent trop tranquille ne développe pas la VMA, il entretient tout au plus l’endurance fondamentale. C’est l’erreur la plus fréquente qu’on observe sur le terrain.

Et le VO2 max alors, on l’oublie ?

Non, mais tu vas le travailler sans t’en préoccuper. C’est peut-être la chose la plus importante à retenir de cet article : en travaillant sérieusement ta VMA sur une saison, ton VO2 max progressera naturellement dans la foulée. Les deux sont liés, et un bon travail intermittent bien dosé sur plusieurs mois améliore les deux indicateurs simultanément, sans que tu aies besoin de distinguer les séances « VMA » des séances « VO2 max ». Cette distinction n’a de sens qu’en laboratoire.

En football amateur, se fixer un objectif de VO2 max n’a pas grand sens. Tu n’as pas le matériel pour le mesurer précisément, tu n’as pas le temps dans une saison pour l’optimiser spécifiquement, et surtout tu n’en as pas besoin. Ce que tu veux, c’est des joueurs capables de répéter des efforts intenses jusqu’à la 90ème minute. Et ça, c’est la VMA qui t’y amène.

Connais ton VO2 max si tu en as l’occasion, c’est une donnée intéressante pour situer tes joueurs. Mais programme ta VMA, teste ta VMA et fais progresser ta VMA. Le reste suivra.

VMA ou VO2 max : ce qu’il faut retenir

Le VO2 max est une capacité physiologique en grande partie génétique, difficile à mesurer sur le terrain et qui plafonne rapidement. La VMA est une vitesse, entraînable, mesurable simplement avec tes tests habituels et directement liée aux exigences d’un match de football. En football amateur, le choix est vite fait : c’est la VMA que tu programmes, que tu testes et que tu fais progresser. Le VO2 max suivra naturellement. Si tu veux passer à la pratique, nos articles sur le Vameval et le 30-15 IFT te donnent tous les protocoles pour mesurer la VMA de tes joueurs dès ta prochaine séance.

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